Retour sur le Salon national de l’éducation : des initiatives inspirantes pour l’éducation afronationale

Le 2 octobre 2026, ElimuBiso a visité le Salon national de l’éducation au Palais des congrès de Montréal, un événement réunissant des établissements d’enseignement, des organismes et différents acteurs du milieu éducatif autour de programmes, de ressources et de possibilités de formation.

Pour ElimuBiso – The Global Afronational Education Organisation, cette visite représentait une occasion de découvrir des initiatives pédagogiques, d’échanger avec des acteurs du secteur et d’explorer des approches susceptibles de nourrir notre réflexion sur l’éducation des populations noires et afrodescendantes à travers le monde.
Parmi les nombreux organismes et établissements rencontrés, trois initiatives ont particulièrement retenu notre attention. Bien qu’elles ne portent pas spécifiquement sur l’éducation afrocentrée ou afronationale, elles nous ont inspiré trois réflexions sur le rôle de l’éducation dans l’affirmation identitaire, la reconnaissance des différences et le développement du pouvoir d’agir, des dimensions qui occupent une place importante dans l’approche pédagogique d’ElimuBiso.
1. Arrimage : apprendre à s’aimer tel que l’on est

L’organisme Arrimage œuvre à la promotion de l’acceptation corporelle et de la diversité des corps. À travers ses activités de sensibilisation et ses ressources éducatives, il encourage une relation positive avec son corps et une réflexion critique sur les normes sociales liées à l’apparence physique. Son initiative Cultive ta différence, qui invite à reconnaître et à valoriser la diversité corporelle, a particulièrement retenu notre attention.
Dans un monde où les enfants noirs peuvent être confrontés au racisme et à des préjugés liés à leur couleur de peau, à la texture de leurs cheveux ou à leurs traits physiques, l’éducation peut jouer un rôle essentiel dans la construction d’une image positive de soi.
Comment aider les enfants à reconnaître et à apprécier leurs caractéristiques physiques, sans intérioriser les normes et les préjugés qui les dévalorisent ?
Cette réflexion rejoint la dimension Identité personnelle du cadre éducatif d’ElimuBiso, qui encourage les enfants à découvrir, comprendre et affirmer les différentes facettes de leur identité.
2. Villes sans violence : apprendre à reconnaître et respecter les différences

Villes sans violence œuvre à la prévention de la radicalisation menant à la violence, des actes motivés par la haine et de la violence armée.
Nous avons notamment découvert son outil pédagogique Alvéole, conçu pour accompagner les professionnels dans l’analyse de situations complexes liées à la radicalisation menant à la violence.
Cette approche préventive nous amène à réfléchir au rôle de l’éducation dans la lutte contre le racisme, la xénophobie, les préjugés et la discrimination.
Comment éduquer les enfants à reconnaître les différences sans les transformer en motifs d’exclusion ou de hiérarchisation ?
Dans le cadre éducatif d’ElimuBiso, la dimension Connection encourage les enfants à reconnaître la diversité des identités, des cultures, des expériences et des modes de vie, tout en développant le respect mutuel, l’empathie et la pensée critique.
Bien que Villes sans violence ne se consacre pas spécifiquement à la lutte contre le racisme anti-Noirs, l’organisme propose également des initiatives destinées à certaines communautés. C’est notamment le cas de Convers’action avec les communautés noires,

une journée de dialogue, de sensibilisation et de mobilisation prévue le 17 octobre 2026 à Montréal. Cette rencontre vise à permettre aux membres des communautés noires et aux personnes qui les accompagnent d’échanger sur leurs réalités, de mieux connaître leurs droits et les ressources disponibles, et de réfléchir à des actions collectives face à la haine.
Cette initiative rappelle que la prévention de la discrimination nécessite à la fois des espaces d’expression pour les communautés concernées et une sensibilisation plus large de la société.
Pour ElimuBiso, la lutte contre le racisme anti-Noirs passe également par une éducation qui permet à l’ensemble des apprenants de comprendre et de remettre en question les mécanismes de la discrimination.
3. Fondation Aga Khan Canada : apprendre à changer les choses

La Fondation Aga Khan Canada œuvre dans le développement international et propose notamment des ressources éducatives en matière de citoyenneté mondiale.
Son guide Former des citoyens du monde inspirants, particulièrement le quatrième thème, Changer les choses, encourage les élèves à réfléchir aux enjeux qui les entourent et à envisager des actions concrètes pour contribuer positivement à leurs communautés.
Cette approche rejoint deux dimensions fondamentales du cadre éducatif d’ElimuBiso : le Pouvoir d’agir collectif et la Contribution.
Comment préparer les enfants noirs non seulement à comprendre les défis auxquels leurs communautés sont confrontées, mais aussi à reconnaître leur capacité de participer aux solutions ?
L’éducation peut contribuer à développer des générations capables de collaborer, d’innover et de participer activement au développement de leurs communautés et de leurs sociétés.
Une vision de l’éducation qui va au-delà des apprentissages
Les initiatives d’Arrimage, de Villes sans violence et de la Fondation Aga Khan Canada témoignent de la diversité et de la richesse des approches éducatives qui contribuent au développement des individus et au mieux-être collectif. Leurs ressources et leurs programmes méritent d’être découverts par les éducateurs, les familles et les organisations, quels que soient les origines et les milieux des personnes qu’ils accompagnent. Nous invitons nos lecteurs à explorer leurs initiatives et à découvrir les ressources qu’ils mettent à disposition.
À travers le regard d’ElimuBiso, ces trois rencontres, bien que différentes, nous rappellent une conviction fondamentale :
L’éducation doit permettre aux enfants noirs de savoir qui ils sont, de reconnaître leurs liens avec les autres et de développer leur capacité d’agir sur le monde.
S’affirmer. Se connecter. Agir.
Trois dimensions complémentaires d’une éducation qui contribue à l’épanouissement individuel, à la conscience collective et à l’autodétermination.
Notre visite au Salon national de l’éducation a également suscité une autre réflexion : celle du rôle de la formation technique et professionnelle dans l’autodétermination économique des populations noires et afrodescendantes. Dans un prochain article, nous explorerons comment le développement des compétences et des savoir-faire peut contribuer à renforcer l’autonomie des communautés et des nations africaines et afrodescendantes.
Note éditoriale : Ces réflexions représentent les perspectives indépendantes d’ElimuBiso – The Global Afronational Education Organisation. Les organismes mentionnés ne sont pas associés à ces interprétations et ne les ont pas approuvées.



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